Deux auditions, deux messages

La tenue de cette audition avait pour objectif d’éclairer les députés sur la politique salariale, la productivité et la compétitivité en entreprise. Elle faisait suite aux annonces tonitruantes du Président autour du salaire décent (*).

Lors de cette audition, de nombreux autres sujets seront abordés, et des députés, parfois incisifs, amèneront Florent Menegaux à prendre position sur l’évolution du partage de la valeur ajoutée entre capital et travail, largement défavorable au travail depuis plusieurs années.  

A cette question, Florent Menegaux répondra avec hésitation « Oui le coût de la rente a dérivé au détriment du travail ces dernières années, je suis le premier à le déplorer ».

Prise de conscience annonciatrice d’une plus juste répartition pour l’exercice 2024 ? Ce ne sera malheureusement pas le cas.

La seconde audition, elle aura lieu à la commission des affaires économiques du Sénat, en janvier 2025, soit 3 mois après l’annonce de fermeture des sites de Vannes et de Cholet.

Le thème de cette audition est cette fois ci celui de la crise de la filière automobile. En effet, quoi de mieux qu’une crise pour justifier la casse de l’emploi ? Et cette fois, le discours tenu par le Président du groupe Michelin est tout autre quand il s’agit de dépeindre le cout du capital.

La rentabilité de l’action Michelin est mise en perspective de la rentabilité du foncier parisien, à peine plus élevé selon lui. Mais les chiffres choisis pour illustrer ce propos sont sciemment ceux de 2023.

A aucun moment, Florent Menegaux n’évoque le programme de rachat d’action massif mis en œuvre courant 2024, qui va amener une explosion de la rentabilité de l’action Michelin.

Pourquoi deux messages aussi divergents à 5 mois d’intervalle ? Est-ce que les actionnaires de l’entreprise sont dorénavant les maitres de sa stratégie et de sa communication ?

(*) Rappelons qu’un salaire décent, au sens de celui de l’organisme Fair Wage auprès duquel Michelin s’adosse pour justifier sa politique salariale, est un salaire de 2100€ brut par mois, soit 1700 euros net, et qu’il est censé faire vivre une famille de 4 personnes, permettant à tous de se loger, de se nourrir de faire des activités culturelles, de partir en vacances et de mettre une petite épargne de côté. Cela laisse songeur…

Partagez vos convictions !

SE SYNDIQUER

Envie de vous syndiquer ?

x